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Blocage de l’accès à la CNHI par les forces de Police

Crédit Pierre-Clément Julien

Depuis ce vendredi 28 janvier, la Cité Nationale de l’Histoire de l’Immigration (CNHI) est fermée au public et les forces de Police en garde l’entrée, empêchant l’accès des travailleurs sans-papiers grévistes aux salles qui étaient mises à leur disposition par la direction de l’établissement.

Le jeudi 7 octobre dernier, le palais de la Porte Dorée (Paris 12e) abritant la CNHI, avait été envahi par environ 500 sans-papiers, soutenus par la CGT et le collectif de vigilance du 12e. Encadrés par les syndicalistes, et soutenus par de nombreux militants associatifs et politiques, les grévistes ont occupé la CNHI jusqu’à début décembre 2010.

Pendant cette période, de nombreux dossiers de demande de régularisation ont été constitués et déposés dans les préfectures de la région Ile de France. Ce travail a été permis par la mise à disposition d’une grande salle par la direction de la CNHI. Après une courte période de fermeture du palais de la Porte Dorée, le 10 décembre la direction de l’établissement et la CGT signaient un protocole d’accord permettant l’accès des grévistes à des locaux de la CNHI aux heures d’ouverture du Palais. Cette mise à disposition de locaux permettait aux travailleurs sans-papiers de poursuivre les formalités administratives de demande de régularisation.

Crédit Pierre-Clément Julien

Au prétexte du non-respect des règles définies dans le protocole d’accord, de la baisse de la fréquentation de la CNHI et d’incidents qui auraient eu lieu avec le personnel, la direction de la Cité a mis fin de manière unilatérale à l’accord et a décidé de fermer l’accès de la CNHI au public et aux grévistes en faisant appel aux forces de l’ordre.

Les grévistes comme les syndicalistes dénoncent la réalité des incidents rapportés par la direction, et regrettent de ne pas avoir été informés avant de cette décision.

Le collectif de vigilance du 12e proteste contre l’envoi des forces Police pour empêcher l’accès.

Crédit Pierre-Clément Julien

De son côté la préfecture de police de Paris justifie le déploiement des CRS par la dénonciation du protocole d’accord par les responsables de la CNHI. Dans un communiqué de presse, elle apporte par ailleurs des précisions sur le traitement des dossiers de demande de titre de séjour qui lui ont été soumis :

  • 1533 demandes de titres de séjour ont été reçues à Paris depuis le mois d’août 2010
  • 858 dossiers ont d’ores et déjà été examinés ; parmi eux, 338 sont en voie d’admission exceptionnelle au séjour, soit environ 40%
  • l’examen des 675 autres dossiers se poursuit

Cette lenteur des services de l’Etat n’est pas acceptable envers ces hommes et ces femmes qui travaillent dans l’ombre et souvent à bas prix depuis des années pour construire nos logements, aménager nos routes, nettoyer nos bureaux… L’Etat s’était engagé par ailleurs à délivrer des récépissés rapidement à tous ces grévistes, qui attendent toujours de voir leur situation se régulariser.

Devant la CNHI, vendredi 28 janvier avec ma collègue Fadila Taieb. Crédit Pierre-Clément Julien

C’est justement parce que cet examen est long et compliqué, que les grévistes ont besoin de l’accès aux locaux pour préparer les pièces manquantes, répondre aux demandes des services instructeurs…

Alors que le Sénat examinera bientôt le projet de Loi « immigration, intégration, nationalité », cette opération de police vise à discréditer le mouvement et les demandeurs de régularisation, et bloquer le processus de traitement des dossiers de ces travailleurs qui vivent et travaillent ici depuis si longtemps !

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