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La mobilisation pour la qualité de l’air, un engagement commun de Paris et du Gouvernement

Aujourd’hui encore,  le pic de pollution aux particules (PM 10) est atteint, et nous mettons en place de la procédure d’information et de recommandation du public.  Selon le ministère de l’Ecologie, du développement durable et de l’énergie, plus de 12 millions de français ont été exposés aux particules fines de 10 micromètres de diamètre au cours de l’année 2011. Problème majeur de santé public à l’échelle nationale ; la situation est d’autant plus préoccupante à Paris et dans son agglomération. A ce titre, notre arrondissement, par sa position géographique et sa proximité avec le boulevard périphérique, est directement concerné par cette question de la qualité de l’air.

Crédits CBE

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Si le diagnostic est depuis longtemps partagé par les Collectivités et l’Etat, les mesures prises par l’ancien Gouvernement se distinguaient par leur déconnexion des réalités urbaines et le peu de cas des expérimentations locales. Je pense notamment aux tentatives de mise en place des Zones d’Action pour la Protection de l’Air (ZAPA) qui figuraient dans les lois du Grenelle de l’Environnement. Cette hypothèse avait notamment été étudiée pour l’agglomération parisienne. Les ZAPA reposaient en grande partie sur la coercition et le principe d’interdiction d‘accès du périmètre défini (a priori le centre ville de l’agglomération) aux véhicules les plus polluants. Il y avait un risque important d’iniquité sociale : celui de pénaliser les populations les plus défavorisées, qui utilisent souvent des véhicules anciens donc polluants et qui n’ont pas les moyens de les renouveler.

La mise en place d’un Comité interministériel de la Qualité de l’Air par Delphine Batho en Septembre dernier ainsi que l’annonce le 6 Février d’une première série de mesures dans le cadre d’un plan d’urgence pour la qualité de l’air sont autant de signes positifs en faveur d’une nouvelle approche. Nous pouvons noter que la méthode adoptée va également dans le bon sens. L’accent est notamment mis sur la concertation avec l’association du nombre le plus large possible d’acteurs.  Il y a donc une volonté claire de  croiser les expériences entre les différentes échelles de territoires et je ne peux, à titre personnel, que m’en féliciter.

Cours de Vincennes. Crédits CBE

Cours de Vincennes. Crédits CBE

Cette inflexion de la politique gouvernementale s’inscrit dans le prolongement des positions volontaristes prises par la Ville de Paris et l’équipe de Bertrand Delanoë depuis plusieurs années. Je pense bien entendu à la mise en place du réseau Autolib’, qui a permis de sortir les voitures électriques de leur relative « confidentialité » en proposant  leur utilisation à un public plus large et en auto partage. Cette initiative pionnière influence aujourd’hui les mesures de ce premier plan du gouvernement. Je pense aussi aux demandes répétées de la Ville de Paris de baisser la vitesse sur le Boulevard Périphérique, qui sont enfin prises en compte par l’Etat et qui apparaissent expressément dans le Plan d’Urgence pour la Qualité de l’Air. Pour le 12e Arrondissement, c’est une avancée considérable. En baissant de 10 km/h la vitesse autorisée, le trafic sera fluidifié, diminuant les brusques variations de vitesses qui sont particulièrement émettrices de pollution. Nous pouvons également nous féliciter de l’engagement fort du Gouvernement sur la mise en place de mesures d’accompagnement afin de faciliter le renouveau du parc des véhicules polluants.

Enfin, l’élaboration de Plans de Protection de l’Atmosphère (où sont définies des  actions à prendre localement, notamment au niveau des agglomérations) est favorisée. A Paris, la mise en place d’un tel plan se confronte immanquablement à la question de son périmètre. Tout plaide pour qu’il soit étendu à l’ensemble de la zone dense de l’agglomération, plus ou moins délimitée par l’A86. Au regard des nombreuses études réalisées, notamment celles de l’Atelier Parisien d’Urbanisme, c’est l’unique échelle d’intervention pertinente pour aborder et essayer de traiter un sujet aussi essentiel.

Plus largement, cette interrogation sur le périmètre du futur PPA repose une nouvelle fois la question de l’action politique à l’échelle métropolitaine.  Question essentielle pour le devenir de Paris, elle est, par bien des aspects, au croisement de quasiment de toutes les thématiques que nous rencontrons : logement, transports, dynamique économique …  Et je ne peux, une nouvelle fois, que saluer les déclarations d’Anne Hidalgo  sur le Grand Paris qui place cet enjeu au cœur de sa campagne et en fait un des axes majeurs de la prochaine mandature.

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