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M. Delanoë tente de retarder la guerre des prétendants

Comme Bertrand Delanoë, je trouve qu’il est un peu tot pour ouvrir la guerre de succession, voire même indécent vu la situation sociale de la France. Les élus parisiens ont pris des engagements devant les parisiens, et nous avons encore beaucoup de travail à faire pour les mettre tous en oeuvre! En tant que responsables politiques, toutes nos énergies doivent se concentrer sur les futures échéances afin d’être en situation de proposer un projet porteur d’espoirs pour les français en 2012.

Article paru dans le Monde, daté du 20 octobre 2010

M. Delanoë tente de retarder la guerre des prétendants


Le maire de Paris, qui ne briguera pas de troisième mandat en 2014, lutte pour dissiper une atmosphère de fin de règne place de l’Hôtel-de-Ville
Bertrand Delanoë a-t-il perdu la main ? Des trous d’air, depuis son élection en 2001, le maire de Paris en a connu.  » Croyez-vous que mon premier mandat ait été un lit de roses ? « , rétorque-t-il quand Le Monde l’interroge sur ses difficultés du moment. Certes, mais depuis la fin de l’été, les ratés s’accumulent.
Certains de ses proches lui reprochent son  » manque d’anticipation  » dans sa communication autour du protocole d’indemnisation des emplois fictifs sous Jacques Chirac. En découvrant les salaires mirobolants des directeurs de l’administration de la Ville, épinglés par la chambre régionale des comptes, une partie de ses adjoints, ainsi que des maires d’arrondissement PS, ont grincé des dents, eux qui estiment n’avoir jamais assez de crédits pour leurs politiques ou leurs quartiers.
Il a fallu que quelques membres de son équipe  » montent au créneau  » pour que M. Delanoë s’engage à revoir les traitements trop élevés de ses plus hauts fonctionnaires. A cela s’ajoute la polémique, dans les journaux, sur la  » censure « , après l’interdiction aux moins de 18 ans de l’exposition Larry Clark, et pour ne rien arranger les attaques redoublées des Verts. Enfin, et surtout, M. Delanoë assiste, embarrassé, aux préparatifs d’une guerre de succession en coulisses.
Déboussolés par cette mauvaise passe, certains élus PS se demandent si M. Delanoë ne s’est pas  » affaibli  » en annonçant, dès 2007, qu’il ne se représenterait pas en 2014. En déclarant si longtemps à l’avance qu’il ne briguerait pas un troisième mandat, il se serait  » fragilisé  » à l’égard de ses propres troupes. C’est ce qui expliquerait que les langues se délient et que les critiques s’expriment ouvertement.
L’échec du congrès de Reims en novembre 2008 pèse aussi. M. Delanoë y avait brigué, en vain, le poste de premier secrétaire du PS. Depuis,  » le flamboyant a l’image d’un préretraité « , assène un membre de la direction du PS, qui n’hésite pas à parler d’un climat de  » fin de règne « . Sa décision est un  » choix que nous considérons tous au PS comme une avancée démocratique « , nuance Annick Lepetit, adjointe (PS) chargée des transports.  » Mais il est à craindre qu’elle ne soit interprétée comme la porte ouverte à une guerre de succession anticipée « , ajoute la députée du 17e.
Depuis longtemps, certains de ses amis l’ont mis en garde contre ces écueils. M. Delanoë ne les a pas écoutés. Adepte du mandat unique et surtout du non-cumul dans le temps, il se prévaut d’avoir montré l’exemple en démissionnant, en 2001, une fois élu maire, de son mandat de sénateur.  » J’ai fait preuve de loyauté envers les Parisiens. Fallait-il que je fasse comme Defferre à Marseille ou Chaban à Bordeaux ? « , se défend-t-il.  » Fallait-il attendre d’être gâteux pour transmettre ? Que ce soit dans ce mandat-ci ou dans le suivant, de toute façon la guerre de succession aurait eu lieu « , objecte encore le maire de la capitale.
Pour étouffer les rivalités, M. Delanoë a pris soin d’installer Anne Hidalgo, première adjointe en charge de l’urbanisme, dans le rôle de celle qui a  » toutes les qualités  » pour lui succéder.  » J’ai éprouvé depuis dix ans son sens des responsabilités, j’ai beaucoup d’estime et d’affection pour elle. Si les municipales avaient lieu aujourd’hui, je n’hésiterais pas à la soutenir. Mais ce n’est pas le cas. Laissons faire le temps « , assure-t-il prudemment aujourd’hui.
Cela n’empêche pas certaines ambitions de se réveiller. Rival potentiel de Mme Hidalgo, Patrick Bloche, le maire (PS) du 11e, déclare  » ne pas être candidat à ce jour « . Jean-Marie Le Guen, en revanche, se positionne déjà. Le 16 septembre, devant le maire et l’exécutif réunis en séminaire de rentrée, le député strauss-kahnien, adjoint chargé de la santé à Paris, a appelé la majorité parisienne à trouver un  » second souffle « , en déplorant que la gauche se soit » endormie  » sur le dossier du Grand Paris.
Mme Hidalgo n’a pas tardé à riposter :  » Le temps de la bataille pour la candidature n’est pas venu « , s’agaçait-elle peu après.  » Ce qui compte, c’est qu’on bosse et que Paris Métropole avance ! Je ne vois pas comment on pourrait se passer de la popularité de Delanoë pour gagner en 2014 et, du reste, en 2012 « , poursuit l’élue du 15e, proche de Martine Aubry.  » Ceux qui sous-estiment l’influence de Delanoë et veulent s’en démarquer font une grossière erreur « , prévient Rémi Féraud, premier secrétaire de la fédération socialiste de Paris.
 » Pas d’affolement ! « , répond aussitôt M. Delanoë, quand le président du groupe PS, Jean-Pierre Caffet se demande comment  » renouer avec le caractère magique du premier mandat « .  » Quel (le) que soit la ou le candidat(e), j’ai l’intuition qu’elle (ou il) se réclamera de notre oeuvre collective « , insiste le maire de Paris, en citant les chantiers en cours, Autolib’, les voies sur berges, les Batignolles, les Halles… Et d’ajouter :  » Regardez les sondages ! Croyez-vous que je suis moins légitime auprès des Parisiens ?  »
M. Delanoë n’en a pas moins lancé un avertissement, le 8 octobre, lors d’un déjeuner avec les parlementaires socialistes parisiens.  » On ne construira pas la victoire de 2014 sur mon affaiblissement ! « , a-t-il prévenu. A Paris,  » les sénatoriales, présidentielle, législatives, municipales à venir sont complètement reliées. C’est en étant bons, les quatre fois, tous ensemble, a-t-il martelé,qu’on préparera l’étape suivante !  » Au Monde, M. Delanoë précise :  » Il faut que Jean-Marie comprenne que les démarches collectives sont les seules qui produisent des succès ! « . Pour être sûr que le message parvienne à M. Le Guen.
Béatrice Jérôme

1 Commentaire

  1. Paulo G.

    Mais que fera Delanoe après? Je trouve que c’est un bon Maire, le meilleur que Paris ait eu depuis longtemps! Ce serait dommage qu’il ne fasse plus de politique! Cela dit, c’est bien de ne pas se représenter à la Mairie, au moins lui, il laisse la place. Il fait pas comme d’autres qui cumulent les mandats et les différentes casquettes. Il faut savoir passer la main à des plus jeunes!

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