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Occupation de la CNHI par les travailleurs sans papiers

Ce jeudi 7 octobre, près de 500 travailleurs grévistes sans papiers dormiront à la Cité Nationale de l’Histoire de l’Immigration (CNHI) au sein du palais de la Porte Dorée.

Ce lieu, à identité forte, emblématique est chargé d’histoire.

En effet l’histoire du Palais remonte à l’Exposition internationale de 1931. Sa vocation première fut d’être un musée des colonies, devant représenter l’histoire de la conquête coloniale,  ainsi que son incidence sur les arts. En 1960, dans le contexte de la décolonisation, le Palais devient le Musée des Arts africains et océaniens MAAO. Avec la création du musée du quai Branly – Arts et civilisations d’Afrique, d’Asie, d’Océanie et des Amériques –, le  MAAO ferme et le Palais accueille la CNHI. Il s’agit avec ce projet dans ce lieu classé, de déconstruire l’imagerie héritée de la colonisation, de retourner les symboles. De dire et de montrer que la page de la colonisation est définitivement tournée et détourner le bâtiment de sa vocation première.

Retourner les symboles ?

Ces salariés sans papiers ont entamé avec la CGT l’occupation de la CNHI pour demander l’application des dispositions sur la régularisation par le travail.  Un accord avait été trouvé le 18 juin avec le ministère de l’Immigration et la Direction générale du Travail en ce sens, notamment pour les intérimaires et employés à domicile. L’accord, arraché après huit mois de grèves et occupations d’entreprises, visait également à éviter les différences de traitement selon les préfectures. Il fixe les critères d’application de la loi de novembre 2007 sur l’immigration, valables pour un dépôt de dossier jusqu’en mars 2011. L’accord a débouché sur 58 autorisations provisoires de séjour pour 1.800 dossiers déposés.

Ils étaient plus de 580 ce soir au retour de la délégation, conduite par la CGT reçue à 16 heures au ministère. Bernard Thibault était là également au moment où la délégation annonce le refus du ministère d’accélérer l’examen des dossiers déposés. Les sans papiers  resteront à la CNHI jusqu’à obtention des récépissés pour tous les dossiers déposés.

Le mot d’ordre est simple, toujours le même :

Ils bossent ici, ils vivent ici, ils luttent ici, ils restent ici !

Comme le rappelle l’ensemble des organisations du comité de soutien aux travailleurs sans papiers  grévistes du 12 : SUD PTT 12, SUD Rail 12, UL_CGT 12,ATTAC 12,  Ligue des Droits de l’Homme 12,  Commune Libre d’Aligre,  Collectif de Vigilance Paris 12 pour les droits des étrangers-RESF, CNT-nettoyage, PS 12, PC 12, Les Verts 12, Gauche Alternative 12,  NPA12, PG 12.

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