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Opendata : un enjeu démocratique pour le 21ème siècle

De quoi s’agit-il ?

Depuis quelques années maintenant, on assiste à un mouvement important de mise à disposition des citoyens des données publiques de certaines institutions publiques. Cette démarche initiée aux Etats Unis par Barack Obama et certaines villes nord-américaines, s’étend en Europe. Après Rennes, ville française pionnière c’est aujourd’hui le tour de la ville de Nantes et de Paris. La libération de données, se fait de manière progressive et ouverte. Les données sont mises en ligne sur une plate-forme d’échanges sous un format permettant une réutilisation facile et libre, sous une licence de type Creative Commons.

Pour moi l’open data est une suite logique de l’esprit des logiciels opens source, dans l’esprit en tout cas. Le partage des données faisant suite à un partage gratuit et une élaboration collective des outils.

De quelles données s’agit-il ? Pour quoi faire ?

Crédit http://paris.mapize.com/

Cette volonté politique  se traduit pas une mise à disposition d’informations très variées à caractère fiscal, statistique, économique, social, démographique ou juridique. La Ville de Paris a retenu 6 thèmes principaux :

  • Citoyens
  • Urbanisme
  • Déplacements
  • Culture
  • Service
  • Environnement

Une des premières utilisations réalisées par l’agence Bluenove, et relayée par le Figaro, permet de visualiser la répartition des naissances, décès et mariages dans les 20 arrondissements parisiens, de 2004 à 2009. Une occasion de vérifier la 1ère place du 12e arrondissement en termes de naissance, ou encore celle du 15ème pour les mariages…

Quels sont les enjeux ?

Jean-Louis Missika n’hésitait pas à parler de moment historique lors de l’annonce de cet engagement de la Ville de Paris dans la démarche de l’open data en juin dernier lors de la séance du conseil de Paris. L’exploitation des données publiques représente une source de richesses valorisables particulièrement importante au sein d’un pays comme le nôtre, dans lequel le service public est très présent.

Les principaux enjeux sont de deux ordres :

  • Des enjeux démocratiques. En effet la transparence est une exigence de nos démocraties modernes. Elle constitue pour moi une des conditions objectives de valorisation de l’action politique et de mise en lumière des orientations politiques. Car elles permettent de mettre en exergue les divergences entre les différentes manières de gérer  l’argent public, principalement entre la droite et la gauche. Il faut noter que la mise à disposition de ces données permet clairement de donner les informations utiles à la société civile pour nourrir le débat démocratique, à égalité avec le pouvoir institutionnel et politique.
  • Des enjeux économiques. La libération de ces données, gratuites constitue un formidable signal donné au monde économique. Car si les données sont publiques, elles ne sont pas immédiatement accessibles au simple citoyen. Ainsi les communautés des développeurs, des scientifiques, des journalistes, des penseurs pourront y trouver des sources fiables à valoriser, à mettre en forme pour en faire partager l’intérêt par le plus grand nombre.

A n’en pas douter, certains préfèreront l’omerta à l’open data. Je crois qu’à cette occasion c’est une querelle des anciens et des modernes, un conflit de génération, qui s’ouvre. Par ailleurs, il ne s’agit pas de confondre transparence des données publiques et divulgation illégale d’informations volées, voire  classées secret défense comme l’opération Wikileaks. La démarche de l’open data me parait par ailleurs le meilleur rempart contre ce genre de dérive.

Crédit paris.fr

Lors de la séance du Conseil e Paris de mardi 29 mars 2011, Jean-Louis Missika a par exemple expliqué que la mise en ligne prochaine des données financières de la Ville permettrait de répondre légitimement aux questions que se posent les parisiens, sur l’utilisation de l’argent public dans la capitale. A l’image de ce que fait le site anglais Where does my money go.  A cette occasion, les services de la ville feront un effort « d’archéologie financière » de manière à ce que des comparaisons puissent être faites avec les mandatures précédentes, avant 2001…

Nous attendons encore qu’une telle démarche soit initiée par l’Etat, car cette démarche ne relève pas uniquement de l’échelon territorial. Il semble que pour l’instant certains hauts fonctionnaires fassent encore de la résistance… contrairement à la logique de gratuité d’accès aux données publiques !

En savoir plus :

  • Le site des données ouvertes de la Ville :parisdata
  • Intervention de Jean-Louis Missika en Conseil de Paris expliquant la démarche de la Ville de Paris lors de la séance de juin 2010


Discours Jean-Louis Missika (PS) sur l’ouverture… par RegardsCitoyens

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