A la une, Paris

Portrait d’une droite parisienne en crise

Sur fond de préparation du congrès de l’UMP et de rivalité Fillon/Copé, et après 11 ans et demi d’échecs électoraux successifs dont certains très cinglants, la droite parisienne n’en finit plus de se déchirer et de se chercher désespérément un chef, oscillant entre haines recuites, guerre de clans, ringardise manifeste et gourmandises pour initiés.

Parce que la droite a toujours considéré que la gauche était illégitime pour diriger la capitale et que Paris lui appartenait de plein droit, elle n’a pas su se rénover, se renouveler et écouter les Parisiens. Paris a changé, pas les élu-e-s de droite !

Hotel de Ville de Paris. Crédits Pierre-Clément Julien

Aujourd’hui, victime du syndrome des notables revanchards et de parachutés ambitieux, elle se retrouve sans projet et sans chef, à 18 mois d’une échéance majeure pour l’avenir de Paris et de la métropole.

On trouve encore dans ses rangs de nombreux chiraco-tibéristes, nostalgiques de la « belle époque » du 20ème siècle, où tout était possible pour eux à Paris, des notables médiatiques cumulant mandats locaux et parlementaires, souvent depuis longtemps, quelques populistes pouvant s’avérer gouailleurs et parfois vulgaires. A ceux-là s’ajoutent des trentenaires ambitieux et gourmands, ne reniant toujours pas clairement l’héritage pourtant lourd, de leurs aînés et mentors… Une mention spéciale pour les femmes, certaines s’illustrant par leur travail et leur résistance au diktat de la direction de l’UMP. Elles sont minorées, peu valorisées, gardées loin des postes clefs, presque jamais investies pour gagner à Paris. Ainsi on ne compte plus aucune femme parmi les députés de Paris de droite, depuis juin dernier.

La droite parisienne n’a pas su, ou pas voulu, encore aujourd’hui, faire table rase de la vieille garde d’élu-e-s, anciens maires et anciens adjoints de l’époque Chirac-Tiberi. Pire encore, les parachutés doivent faire acte d’allégeance ! Pour preuve cette tentative avortée de nomination du fils Tibéri par François Fillon, alors encore Premier Ministre, pour préparer son arrivée dans la circonscription incluant le 5ème arrondissement. Même le Président Sarkozy n’a pas réussi à imposer une de ses « petites protégées » comme tête de la liste parisienne pour le Sénat, sans provoquer une dissidence d’un de ses anciens proches (Pierre Charon). Dissidence qui a permis de faire élire un homme sénateur de droite de plus, aux dépens d’une femme !

Hôtel de Ville de Paris depuis l'île de la cité. Crédits CBE

La culture du chef unique, qui caractérise la droite en France, paralyse aujourd’hui la droite parisienne. En 11 ans, les élus UMP du Conseil de Paris, auront donc connu au moins 6 présidents de groupe. Le dernier, Jean-François Legaret, le plutôt transparent et très conservateur maire du 1er arrondissement prendra ses fonctions lors de la rentrée du conseil de Paris lundi 24 septembre, élu à l’issue un psychodrame provoqué par la démission du député du sud du 15è arrondissement Jean-François Lamour.

Depuis 2001, à la recherche désespérée d’un leader pour la capitale, l’UMP a juste su faire des « castings » et des parachutages en série, très souvent rejetés dans les urnes, avec des protagonistes qui ont été largement battus (le dilettante médiatique Arno Klarsfeld, le patron spéculateur Charles Beigbeder…), ou encore des élus qui ne siégeaient même pas, tout en conservant leur indemnité (Christine Lagarde, alors Ministre à Bercy), d’autres ont très vite disparus du paysage (l’ex-animateur de télévision Jean-Marie Cavada) ou se sont réfugiés dans le cumul des mandats (Chantal Jouanno…).

Pourtant, ces jours-ci on a encore entendu M.Goasguen, le député-maire UMP du 16ème,  espérer que le député Jean-Louis Borloo – qui dit pourtant ne plus être à l’UMP – réélu en juin à Valenciennes (dans le Nord), se parachute à Paris pour les municipales de 2014. Car la question n’est toujours pas réglée !

Berges de Seine rive droite réaménagées. Crédits CBE

La droite parisienne avait pourtant espéré que le parachuté sarthois et nouveau député de Paris, François Fillon, pourrait mener cette bataille qui s’annonce âpre.

Mais devant ses hésitations, Chantal Jouanno elle-même, ancienne fan déclarée, est la première à avoir acté que cette place était à prendre et même à juger l’ancien Premier Ministre trop « ringard » pour le peuple de Paris. Il est vrai qu’il ne se distingue pas beaucoup de la droite parisienne qui entre aveuglement et sectarisme, depuis 2001, s’est opposée de manières diverses mais constante à de très nombreux projets:

  • construction de logements sociaux dans Paris (soit il y en aurait « trop » ici, soit ce ne serait « pas adapté » là…),
  • création puis prolongement du tramway T3 sur les boulevards des Maréchaux
  • tarification proportionnelle aux revenus et identiques sur tout Paris pour les cantines scolaires et les centres d’animation
  • célébration des cérémonies de Pacs, qui existent depuis l’été 2001 dans les mairies d’arrondissements de gauche… mais pas dans les mairies de droite
  • reconquête, pour les habitants et amoureux de Paris, des berges de Seine, classées au Patrimoine Mondial de l’Humanité par l’Unesco
  • installation de Vélib dès l’été 2007,
  • Paris plages et Nuit blanche depuis 2002,

Oser Paris! Crédits association Oser Paris

Sans projet alternatif, sans imagination, certains en sont même réduits à réutiliser le slogan de Bertrand Delanoë en 2008 : « donner un temps d’avance à Paris »…

Nous n’avons décidément pas les mêmes valeurs !

Sinon, Anne Hidalgo, a déclaré sa candidature pour devenir la prochaine Maire de Paris en mars 2014. Ce serait la première femme à la tête de la capitale.  Elle a lancé une large démarche de concertation avec les Parisiens et habitants de la métropole pour élaborer avec les habitants et associations un projet pour la période 2014-2020. Si vous souhaitez rejoindre cette démarche, je vous engage à adhérer à son association « Oser Paris », en ligne.

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