A la une, le 12e, Paris

Pour une reconquête de l’autoroute A4

Après la reconquête des Berges de Seine, j’ai eu le plaisir de présenter lors de la dernière séance du conseil d’arrondissement une délibération permettant d’autoriser l’adhésion de la Ville de Paris à un groupement de commande en vue de la réalisation d’une étude sur la « Reconquête de l’autoroute A4 : vers une avenue métropolitaine ».

Ce groupement de commande sera constitué de l’ACTEP l’Association des Collectivités Territoriales de l’Est Parisien, de la Région Île-de- France, des départements du Val de Marne et de la Seine et Marne et de la Ville Paris. L’ACTEP sera le coordonnateur du groupement.

Crédits CBE

Le territoire de l’Est parisien est fortement marqué par des axes routiers structurants, tels que l’autoroute A4. Reliant Paris à Strasbourg, elle traverse le Val de Marne, se prolonge vers la Seine et Marne. Entre Joinville et le tunnel de Nogent, A4 et A86 partagent une même voie sur plusieurs kilomètres. Connectée au Boulevard périphérique  au niveau de la Porte de Bercy, l’A4 longe la Seine, en 2 fois 5 voies dans la commune de Charenton, puis passe entre la Marne et le Bois de Vincennes, traversant ainsi beaucoup de communes riveraines du Bois.

Initialement pensé comme une voie de communication rapide pour desservir la capitale, cet axe est aujourd’hui régulièrement saturé. Coupure urbaine et paysagère majeure l’autoroute A4 est une  source de nuisances environnementales importantes.

C’est pourquoi, l’Association des Collectivités Territoriales de l’Est Parisien (ACTEP) a présenté dans le cadre de l’appel à initiatives organisé par le syndicat mixte d’études Paris Métropole : ce projet d’étude sur l’évolution de l’   «Autoroute A4 : vers une avenue métropolitaine ».

C’est un projet novateur et particulièrement intéressant, aussi bien sur le fond que sur la forme, car il s’agit :

  • D’ imaginer une reconquête urbaine progressive entre le péage de Courtevroult en Seine et Marne et Paris, soit sur 37 km environ, un territoire étendu
  • De fédérer les différents acteurs de l’aménagement de l’Est parisien afin de travailler sur l’application locale des hypothèses formulées sur la requalification d’une voirie autoroutière.
  • De reposer ensuite une stratégie globale d’évolution vers une « autoroute apaisée », et envisager la reconquête urbaine qui serait alors rendue possible. Sa transformation en boulevard urbain, ce qui permet un remodelage complet concernant plus que les files de circulation avec la valorisation de ces nouveaux espaces, de la végétalisation, de nouvelles files de circulation pour les deux-roues motorisés, la diminution des nuisances….

Boulevard périphérique. Crédits CBE

Un projet intéressant pour le 12e, pour Paris :

  • Pour le 12ème,  cette étude apportera des propositions qui permettront de mettre en œuvre une pacification des quais de Bercy et de la Râpée, et ainsi de rétablir un lien entre le 12è arrondissement et la Seine. Ce projet partage un certains nombres d’objectifs avec le projet en cours d’élaboration sur Bercy Charenton.
  • Une opportunité métropolitaine (porte d’entrée, statut représentatif des axes autoroutiers) et parisienne (projet de seconde vie d’infrastructure routière à l’image de la reconquête des berges de Seine et opportunité de promouvoir un mode de transport en commun « lourd » sans précédent ainsi que des modes alternatifs avec Autolib’ par exemple…
  • Des extensions possibles sur d’autres autoroutes arrivant dans Paris, voire au niveau du périphérique…

Quai de Bercy

Cette réflexion est à mettre en perspective avec celles conduites par les architectes de l’atelier international du Grand Paris qui avaient imaginé utiliser des infrastructures existantes en rocade de Paris comme l’A86 pour développer un nouveau système de transport.

Je note également une certaine symétrie avec le projet de reconquête des  Berges, puisqu’il s’agit ici de communes de banlieues, riveraines de l’autoroute, demandant des mesures pour apaiser le trafic d’une autoroute pénétrant dans Paris…

Or il semble que cette étude fasse consensus. Pourquoi les élus parisiens de droite qui soutiennent  cette approche pour l’A4, sont-ils contre la transformation des Berges de Seine en boulevard urbain au cœur de Paris?

Une contradiction qui m’échappe… Une de plus…

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