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Premiers arbres replantés sur les maréchaux !

Crédit CBE

Dans le cadre des travaux de prolongement du tramway sur les boulevards des maréchaux de la Porte d’Ivry à la Porte de la Chapelle, des travaux d’envergure sont réalisés de façade à façade. En plus de l’insertion de la plate-forme du T3, les réseaux souterrains (eaux, gaz, électricité, chauffage urbain, téléphone…) sont déviés et modernisés et les espaces redistribués au profit des piétons, cyclistes mais aussi des espaces verts et des arbres.

Afin de pouvoir réaliser ces travaux, de nombreux arbres ont dû être abattus. J’avais assisté avec beaucoup d’émotion à l’abattage des arbres du boulevard Soult un dimanche matin… Je garde en mémoire le bruit des arbres touchant le sol comme celui des tronçonneuses des bucherons de la Ville, d’une dextérité extraordinaire. J’avais été très impressionnée par la rapidité avec laquelle les arbres été mis à terre, découpés, emportés et les souches détruites.

Aujourd’hui, dès que les travaux le permettent, nous commençons à replanter et à terme ce sera 4 arbres replantés, pour 3 coupés.

Car la requalification des maréchaux passe aussi par une présence plus forte du végétal. La plateforme sera entièrement végétalisée, à l’exception des carrefours et traversées piétonnes. L’alignement des arbres sera restauré et souvent complété (doublement des palmiers à la Porte Dorée). Des bosquets seront créés comme à la Porte de Charenton pour recréer du lien avec le Bois de Vincennes, et des espaces verts requalifiés comme au bastion de Bercy. De même des tapis de graminées et de plantes vivaces seront utilisés pour l’aménagement paysager des boulevards (talus, terre-pleins, couvre-sols…), faisant écho au gazon de la plate-forme.

Crédits CBE

La présence des arbres et des zones vertes, même de petites tailles, assure l’émergence de continuités vertes ou trame verte permettant aux écosystèmes de se développer dans un milieu urbain. C’est l’un des objectifs de la requalification des maréchaux.

Avant les travaux,  95% des arbres présents sur les boulevards des Maréchaux appartenaient  à seulement 4 espèces : platanes, sophoras, frênes et marronniers. Le projet prévoit de privilégier la diversité des espèces arborées le long de ces boulevards.

Ainsi une vingtaine de nouvelles espèces seront introduites lors des plantations: des résineux, qui présentent l’avantage d’être verts toute l’année, cohabiteront avec des arbres à feuilles caduques aux chaudes couleurs automnales, ou encore des arbres à fleurs.

Cette diversification des espèces entrainera une diversité des formes et des tailles : l’agencement des plantations  jouera sur la variété des hauteurs, des textures, des volumes, des couleurs, des odeurs

Crédits CBE

Des hêtres dégageront des perspectives. Un peu moins hauts, des platanes ou des ormes étofferont le feuillage des alignements existants… Plus à l’échelle des promeneurs, des chênes verts ou des merisiers ponctueront l’armature végétale des arbres de grande taille.

Sur les quais des stations du tramway, de petits arbres à fleurs apporteront des touches roses et blanches. Au sol, pour recouvrir  plate-forme, talus ou parterres, du gazon ou des plantes rampantes.

Si la diversité des arbres et des espèces végétales présente un  intérêt paysager  et écologique  certain, il faut également souligner l’intérêt en termes de santé publique.

En effet la conception des plantations urbaines est aussi un élément central de la problématique de l’allergie pollinique en ville.

C’est pourquoi les plantations retenues permettent de mettre en accord les objectifs de végétalisation de nos quartiers mais aussi  la question des allergies aux pollens. L’allergie est un problème de santé publique qui touche une partie importante de la population. En France 10 à 20% de la population  est allergique au pollen. Les allergies  respiratoires sont au premier rang des maladies chroniques de l’enfant.

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L’allergie au pollen dépend de plusieurs facteurs :

  • La quantité de pollens dans l’air
  • La sensibilité des individus
  • Le potentiel allergisant de chaque plante

Il existe donc deux manières de réduire les allergies dans les aménagements paysagers.

  • Apporter une plus grande diversité d’espèces dans la création d’espaces permet tout simplement de diminuer la concentration de pollens d’une même espèce dans l’air.
  • Diminuer la présence des espèces les plus allergisantes, comme le platane, et privilégier celles qui provoquent le moins de réactions, comme le hêtre, l’érable, le tilleul ou le peuplier.

De plus, les objectifs de réduction de l’allergie rejoignent ceux d’une bonne gestion des espaces verts. Diversifier les espèces, en limitant la part du platane par exemple, permet de diminuer le risque d’allergie et rend aussi le patrimoine végétal d’une ville moins sensible à une épidémie. De même créer des haies de mélange à la place des haies de cyprès, a un effet sur l’allergie et sur la banalisation du paysage, elle permet aussi le développement d’une faune plus variée.

Pour en savoir plus sur la végétation en ville je vous conseille ce site.

Avec les premiers rayons du soleil printanier, je vous invite donc à regarder avec attention les nouveaux arbres qui arrivent sur les boulevards Poniatowski et Soult. Cultivés en pépinière, les arbres sont déjà de belle taille, et avec les premiers trottoirs, les premiers rails nous franchissons une nouvelle étape vers des maréchaux plus agréables à vivre pour tous !

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