A la une, le 12e

Violette Nozière, Vallée de Fécamp

Aujourd’hui le réalisateur Claude chabrol est mort. C’était « un immense cinéaste français, libre, impertinent, politique et prolixe. Merci Claude Chabrol, merci pour le cinéma ! », a commenté Christophe Girard, adjoint du Maire de Paris chargé de la culture.

Le réalisateur du Beau Serge, de Violette Nozière, de La Cérémonie était une figure de la Nouvelle Vague avec François Truffaut et Jean-Luc Godard.

Saviez-vous que Violette Nozière et sa famille vivaient dans le 12e ?

Son père Baptiste Nozière, était mécanicien aux Chemins de fer Paris-Lyon-Méditerranée (PLM). Violette a passé toute sa jeunesse dans un simple deux-pièces cuisine, au sixième étage sur cour de la rue de Madagascar.

J’avais raconté ceci dans un article consacré à l’histoire du quartier Vallée de Fécamp, publié dans le journal de la section du 12e du Parti socialiste.

La Vallée de Fécamp, un « lieu-dit inhabité » ?

Au moyen âge, cette dépression qui s’étirait le long du ruisseau de Montreuil était une propriété des abbés de Fécamp, très champêtre comme en témoigne encore le nom de quelques rues : rue des Meuniers,  rue des jardiniers ou encore rue de la Brèche aux loups. Au 13ème siècle de tendres agneaux y étaient en effet parqués, des proies attirant les loups…

Ce quartier se structura plus tard autour de la Manufacture de tabacs, qui employait essentiellement des ouvrières, payées à la pièce à un rythme infernal imposé. La vie du quartier était alors  rythmée par les horaires de travail de la manufacture, dans ce quartier populaire contrastant avec  les riches vitrines qui paraient les beaux immeubles de l’avenue Daumesnil toute  proche.

Violette Nozières habitait au 9 rue de Madagascar, tout prêt de la manufacture.  Fille de cheminot, elle défraya la chronique judiciaire dans les années 30 pour l’empoisonnement de ses parents. Sombre histoire qui inspira les surréalistes regroupés derrière André Breton tout comme le cinéaste Claude Chabrol qui confia le rôle de cette jeune femme, criminelle et victime à la fois, à Isabelle Hupert (1978).

Une tradition industrielle du quartier illustrée également par la rue Édouard Robert,  inventeur du biberon Robert à soupape. Ce biberon Robert recevra les louanges de beaucoup et donnera son nom à la rue ouverte en 1921 sur les propriétés d’Édouard Robert, qui deviendra par la suite rue Edouard Robert.

Malgré l’augmentation de sa population et la diversification des activités économiques,  la Vallée de Fécamp restera l’orée du Bois.

« J’ai choisi ma demeure près des remparts rebâtis de ma mémoire, à la hauteur des remparts

Me souvenant de Joal l’ombrageuse du visage de la terre de mon sang je l’ai choisi entre la ville et la plaine là où s’ouvre la ville à la fraîcheur des bois et des rivières »

Léopold Sédar Senghor, premier président du Sénégal et de l’association des étudiants des états de l’Afrique de l’Ouest, vécut au 69 boulevard Poniatowski.

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