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Le bruit et l’air du périph…

Lors de la dernière séance du conseil d’arrondissement, nous sommes revenus sur la question de la couverture du périphérique, question portée par de nombreux candidats à l’élection législative dans la 8ème circonscription, sans relever pour autant d’une politique nationale.

Les nuisances subies par les riverains immédiats du périph sont réelles et  multiples, principalement sonores, elles concernent aussi la qualité de l’air et sont devenues au fil du temps de vrais enjeux de santé publique !

Circulation sur le périphérique Porte de Vincennes. Crédit Pierre-Clément Julien

Les nuisances sonores sont complexes à décrire, c’est pourquoi un indice grand public est en cours de mise en place. Mais on peut les caractériser par un niveau sonore de fond et des pics. Ces deux composantes étant parfois décalées dans le temps, elles sont toutes les deux très impactantes sur la qualité de vie. Certains  riverains du périphérique subissent à la fois le bruit quotidien des nombreux véhicules empruntant cette autoroute urbaine, mais également des pics sonores dus essentiellement à certains poids lourds et deux-roues motorisés.

Face à cette situation deux approches sont conduites en parallèle : d’une part la protection sonore des habitations et la diminution de la production de bruits. Ces deux approchent  sont complémentaires et doivent se poursuivre en parallèle et sans exclusive.

Afin d’assurer la tranquillité des habitants, des panneaux acoustiques, des talus élevés et immeubles de bureaux longent le périphérique de part et d’autre. C’est crucial, car les deux côtés de celui-ci sont bien évidemment concernés. Par endroit, le périphérique est couvert sur des longueurs variables. Ces modes de lutte contre le bruit sont retenus dans élaboration de projets en cours comme le GPRU de la Porte de Vincennes. On y prévoit la couverture partielle du périphérique au niveau de la Porte de St Mandé par la construction d’un « gymnase pont » qui enjambera le périphérique, il sera  accessible depuis l’avenue Courteline. De même la construction d’immeubles sur ces terrains délaissés qui jouxtent le périphérique, est envisagée à chaque fois que cela est possible. Un hôtel et une extension du collège seront construits  entre le boulevard Carnot et le périph dans le 12e.

Talus surélevés et végétalisés le long du BP. Crédits Pierre-Clément Julien

De manière générale, nous devons densifier les zones situées entre les boulevards des maréchaux et les communes riveraines. Le Tramway T3 a largement contribué à estomper la frontière des maréchaux, il nous faut maintenant retisser des liens par-delà le périphérique. Typiquement, la création d’une passerelle pour les piétons et les cyclistes, reliant Paris à St Mandé participe de cet objectif ambitieux. Enfin, l’isolation phonique de certains bâtiments est incontournable, elle est d’ores et déjà réalisée, encours ou prévue pour de nombreux immeubles. Cette isolation présente par ailleurs l’avantage de contribuer aussi à l’isolation thermique des logements et ainsi de contribuer à faire baisser la facture énergétique des ménages, une préoccupation majeure pour beaucoup de Parisiens.

Concernant singulièrement la couverture totale du périphérique, elle pose des difficultés techniques importantes liées en particulier aux normes de sécurité imposées aux tunnels (au-delà de 200m des règles spécifiques s’appliquent sur la ventilation, les sorties de secours …). Par ailleurs, compte-tenu de l’insertion dans l’espace de l’infrastructure du périph, la couverture imposerait de créer une barrière  infranchissable  en hauteur, qui empêcherait toute continuité avec les communes riveraines. Ces contraintes techniques, s’accompagnent par ailleurs d’un coût de réalisation considérable qu’il nous faut examiner avec attention  et qui nous obligent envisager parallèlement d’autres types de réponse aux nuisances.

En effet, si la protection des riverains contre les nuisances sonores est indispensable à court terme, il nous faut aussi nous attacher à diminuer les sources mêmes de ces nuisances, qu’elles soient sonores comme  en terme de pollution de l’air. Cette action est tout aussi indispensable et urgente car elle améliorera la qualité de vie de tous les Franciliens !

Ainsi, il me semble urgent de diminuer la production du bruit. Différentes actions sont possibles et connues, elles sont portées par les élus parisiens depuis longtemps.  En effet, depuis maintenant de nombreuses années, nous demandons au Préfet de Paris la diminution de la vitesse maximale autorisée sur le périphérique. Ainsi, toutes les études le montrent, le passage de 80 à 70km/h aurait des effets immédiats et réels sur la production de bruits et l’émission de particules dans l’air et serait sans conséquences significatives sur la fluidité du trafic.

Expérimentation de nouveaux revêtements sur le BP. Crédits Pierre-Clément Julien

De même nous expérimentons depuis quelques jours un nouveau revêtement pour le périphérique, entre le Pont de Lagny et la Porte de Vincennes, qui semble diminuer les nuisances sonores de manière efficace. Si le succès de cette expérimentation devait se confirmer dans la durée, son extension à l’ensemble du périphérique sera à envisager rapidement.

Face à l’ampleur des nuisances, et la gravité de leurs conséquences sur la qualité de vie et la santé des riverains, il nous faut rester mobilisés pour multiplier les solutions réalistes et efficaces à court et moyen termes, en faisant preuve de pragmatisme et sans démagogie.

Il me semble à cet égard pertinent de continuer à investir dans le développement des modes de déplacements moins polluants et à travailler à la transformation des autoroutes urbaines en boulevards urbains, à l’échelle de la métropole.

7 Comments

  1. Effectivement, la question de la couverture du périphérique dans le cadre du GPRU de la Porte de Vincennes a été portée par de nombreux candidats à l’élection législative de juin dernier dans la 8e circonscription, avec pertinence et sans démagogie. Mais simplement car cette demande forte des habitants, du 20e comme du 12e, qui s’est exprimée dans les conseils de quartiers Plaine-Lagny et Bel-Air Nord, a été jugée légitime et juste, faisant d’ailleurs consensus au-delà des clivages partisans, de la gauche à la droite de l’échiquier politique, en passant par le centre.

    Certes, un député est avant tout un élu du peuple et de la nation toute entière, mais le mode de scrutin majoritaire uninominal à deux tours reposant sur des circonscriptions, le député devient également in facto le représentant d’un territoire particulier et de ses habitants devant la représentation nationale.

    Or il est inexact ou du moins incomplet de dire que le GPRU – et donc la question de la couverture du périph qui y est posée – ne relève pas d’une politique nationale. Si la Ville de Paris est à l’initiative du GPRU et qu’elle contribue en grande partie à son financement, ce projet est une ORU (Opération de Renouvellement Urbain) qui s’inscrit dans le cadre de la « Politique de la Ville », politique globale d’équité territoriale pilotée par l’Etat, et bénéficie du financement de l’ANRU (Agence Nationale pour la Rénovation Urbaine). L’Etat est donc un partenaire important de ce projet et à ce titre, le député a toute sa légitimité pour défendre les arbitrages les plus favorables aux habitants des quartiers en projet.

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