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Lutter contre les pollutions : un enjeu social et de santé publique à l’échelle métropolitaine

Améliorer la qualité de l’air de la métropole et la qualité de vie des Parisiens et Franciliens est d’abord un enjeu de santé publique.

La dangerosité des particules présentes dans l’air est démontrée scientifiquement. Cancérigènes, et provocatrices de nombreuses insuffisances respiratoires et allergies, leur présence touche les plus faibles d’entre nous : nos enfants et nos ainés.

Boulevard périphérique Porte de Vincennes. Crédits Pierre-Clément Julien

La qualité de l’air s’est améliorée à Paris depuis 2001, liée à une diminution de 25% de l’ensemble du trafic automobile. La baisse de cette pollution est désormais observable depuis peu également en proche couronne. Ces résultats sont une conséquence d’une politique cohérente et volontariste en termes de déplacements qui nous a conduits depuis plus de 10ans, à enrichir un bouquet de mobilité de nouveaux modes de déplacements plus respectueux de l’environnement : marche, vélo, transports en communs, véhicules électriques…  Ainsi, 75 hectares d’espace public dédié à la voiture ont été transférés vers des modes actifs de déplacements (Berge de Seine, Place de la République, boulevard Diderot…).

Mais la situation actuelle n’est toujours pas satisfaisante, il nous faut encore agir !

Car cela nous engage à court terme mais aussi pour les futures générations. Agir de façon courageuse sans dogmatisme, c’est l’objet des propositions faites par le Maire de Paris ce lundi 12 novembre en conseil de Paris.

Je retiendrai en particulier :

  • La volonté de mettre en place de nouvelles zones 30 en concertation avec les Mairies d’arrondissement et les conseils de quartier.
  • La nécessité d’aménager des espaces dédiés à la logistique urbaine comme à Bercy Charenton, pour limiter la circulation des poids lourds dans les quartiers denses de Paris.
  • La volonté forte affichée par la majorité parisienne de favoriser les véhicules propres par rapport au diesel. C’est un héritage lourd à porter et les élus parisiens interviendront auprès du gouvernement pour que les mesures incitatives en faveur du diesel soient revues. Les élus parisiens s’engagent à favoriser des bus, taxis, véhicules de location et véhicules de la ville (utilitaires) plus propres en faisant diminuer la part des véhicules consommant du diesel.
  • La nécessaire réduction des nuisances du boulevard périphérique : limitation de la vitesse maximale, revêtement absorbant comme urbanisme adapté (bâtiments écrans, talus…)

Espace logistique en bord de Seine pour le fret fluvial de marchandises. Crédits CBE

Force est de constater que si nous partageons partiellement le même constat avec l’opposition, deux visions de la ville s’opposent aujourd’hui. La droite manque singulièrement de courage politique au regard de l’usage de la voiture en s’opposant par exemple à tous nos projets tendant à diminuer sa place : Berges de Seine, Tramway et opposition systématique aux itinéraires cyclables dans l’Ouest parisien pour ne citer que quelques exemples. La position de l’UMP et de la droite parisienne en général, évoluent au fil des débats, mais elle est souvent incohérente et opportuniste, sans vision à long terme, essentiellement basée sur des réflexes conservateurs et dogmatiques. Pour preuve, après des débats caricaturaux, les conseillers de Paris UMP et UDI ont voté pour les délibérations proposant la mise en œuvre des mesures proposées par l’exécutif parisien !

Mais on oublie souvent de souligner la dimension sociale forte des mesures anti-pollution.

En effet les classes populaires sont souvent les premières victimes des nuisances liées l’usage des véhicules polluants. Ainsi, les riverains immédiats du boulevard périphérique sont majoritairement des classes populaires et moyennes, des ménages qui pour la majorité d’entre eux ne peuvent pas se permettre de posséder une voiture particulière mais qui subissent pourtant quotidiennement les nuisances sonores du périphériques et la piètre qualité de l’air aux alentours.

Mobilité électrique. Crédits CBE

Face à l’augmentation continue du coût de la mobilité automobile, les modes de transports non polluants deviennent également les plus accessibles socialement. Ainsi, on a vu se développer un nouvel usage du vélo, que l’on aurait tort de limiter aujourd’hui à une pratique bobo. Ainsi, le choix d’une mobilité plus durable résulte de plus en plus souvent de contraintes économiques.

Prenant en considération, que de nombreux usagers de la métropole sont encore contraints à utiliser une voiture particulière, un accompagnement social de certaines mesures a également été proposé par le Maire de Paris. Enfin, une reconversion de la filière automobile française, vers la production de véhicules propres doit accompagner nos actions en termes de lutte contre la pollution, afin de préserver l’emploi dans cette filière.

Sur ce sujet difficile, conflictuel, cristallisant les clivages, je salue le courage du Maire de Paris qui par ses propositions a su concilier les enjeux sociaux et de santé publique de lutte contre la pollution. Parce que le périmètre métropolitain est le seul à être pertinent, il a lancé la concertation à cette échelle aujourd’hui.

Il faut également souligner que l’état est aux cotés de la Ville pour avancer sur ce dossier comme jamais. C’est un changement notable !

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